lundi 31 octobre 2011

Once Upon A Time : Le Conte est bon ...



Critique du pilote

Il était une fois, une série qui semblait complètement foireuse : les personnages de contes de fées existent dans notre monde mais ne se souviennent pas de qui ils sont. Voilà en quelques mots ce que nous savions d'Once Upon A Time. Autant dire que l'a priori sur la série était quelque peu négatif.
Quelle ne fut pas la surprise, alors, de découvrir que le pilote était vraiment pas mauvais voir bon !
Bien sûr, l'épisode souffre de quelques défauts, nous n'échappons pas à une morale un peu sirupeuse agrémentée de poncifs tels que "l'espoir c'est important" ou "mentir c'est mal", les personnages sont un peu trop caricaturaux à commencer par la méchante sorcière (qui dans sa version "civile" ressemble quelque peu à Rachida Dati, non ?) que l'on aurait préféré plus retenue, plus froide, plus menaçante en soi.
Malgré cela, l'épisode est agréable à suivre : les décors quoique semblant tenir avec trois bouts de ficelle et un peu de patafix sont dans l'ensemble réussis, l'image est très jolie et plus important encore, l'histoire est prenante, intrigante. Nous suivons en parallèle le passé dans le monde féerique et le présent dans le monde "réel", nous retrouvons ainsi les personnages qui ont bercé notre enfance à l'image du Petit Chaperon Rouge qui dans notre monde est une sorte d'ado "lolitrash" et sa mère-grand, tenancière d'un motel minable.
Alors, certes, Once Upon A Time n'est et ne sera sans doute pas la série de siècle mais elle a le mérite d'être. Car dans un monde où les cops-shows et les sitcoms règnent en maître, qu'il est agréable de découvrir un pilote original, audacieux et bien pensé !
Rien que pour cela, souhaitons lui de vivre heureuse et d'avoir beaucoup d'épisodes... 

La réplique : 
"Le Prince : Ce ne sont que des mots, elle ne te fera aucun mal ...
 Blanche Neige : Elle a empoisonné une pomme parce qu'elle pensait que j'étais plus jolie ! Tu ne sais pas de quoi elle est capable"

Sébastien


Même si les effets spéciaux sont dignes d’un mauvais épisode de Buffy, même si l’histoire semble plus mièvre que celle de Beethoven III, cette nouvelle création ABC n’est pas mal du tout.
Alors certes, le scénario est abracadabrant et très difficile à comprendre sur le papier, mais en vrai il s’avère plutôt bien ficelé. On se demande un peu comment ils vont faire pour tenir sur la durée mais on se laisse transporter sans résistance au fil de ce conte de fake. 
Le gros plus des épisodes de Once Upon a Time, c’est leur fin. Pas de gros cliff hanger à couper le souffle, non, mais une fin qui nous laisse sur notre faim et nous donne envie de regarder dard-dard le prochain épisode.
En plus, c’est sympa de jouer au who’s who, du qui est quoi dans la vraie vie. Bien sûr les personnages sont caricaturaux, mais vous avez déjà vu un personnage de conte de fée profond et torturé vous ? Alors voilà, ici les méchants sont très vilains, les petits garçons naïfs et rêveurs et les jeunes filles belles et souriantes. 
Tendresse, intrigue, esthétisme font cette série et c'est notre âme d’enfant gavée aux Disneys qui en redemande ! 

Lucie

jeudi 20 octobre 2011

How to be a Gentleman & 2 Broke Girls: de la sitcom à la Papa

Pelletée de sitcoms à l’avenir plus ou moins certain et au quotient humoristique plus ou moins évident font encore irruption sur les écrans des networks américaines en cette rentrée 2011.
Deux d’entre elles ont retenu mon attention pour une raison évidente : elles n’ont rien, mais alors rien de nouveau. Pas de concept étonnant, pas de personnages marginaux, ce sont juste deux bonnes sitcom à la papa. Et en ce climat de concurrence ultime et de quête effrénée du renouveau, c’est couillu.

Voyez vous-même.

Les pitch :
How to be a gentleman: La série raconte l'amitié entre un chroniqueur tendu (pour ne pas dire complètement psychorigide) et son formateur indépendant (comprenez gros beauf qui pète en regardant les rediffs du Superbowl)

2 broke girls: Max est une serveuse un peu désabusée qui n'a jamais eu beaucoup d'argent mais assez de malice pour s'en sortir dans la vie. Caroline est une fille à papa d'apparence superficielle, qui se retrouve du jour au lendemain sans un sou mais qui reste optimiste. Ce drôle de duo va devoir alors travailler ensemble et partager un appartement pour le meilleur et pour le pire, en attendant de réaliser leur rêve... 

"This tie is lengen- wait for it - dary!"

"Pourrais-je un jour remanger du caviar?"

Comment fonctionne cette mécanique bien huilée qui fait ses preuves depuis la fin des années 80? 

Leçon # 1 La rencontre de deux mondes
Prenez deux personnages totalement différents physiquement (blond vs brun), socio professionnellement (journaliste vs prof de muscu/serveuse vs héritière) et intellectuellement (l’un est un gros beauf l’autre est plus fin). Organisez une rencontre totalement hasardeuse et difficile dû au fait que l’un ne veuille pas laisser de la place à l’autre dans son monde. Faites en sorte que l’un ait besoin de l’autre (Caroline a besoin de Max pour lui apprendre les rudiments de la vie de pauvre et Andrew le gentleman cherche à devenir un mec normal auprès de Bert). En gros, pour survivre, le personnage haut (la riche, le gentleman, suivez un peu !) doit  s’abaisser et calquer le personnage bas (la serveuse de Brooklyn, le prof de sport en jogging). Aristote l’avait mentionné il y a 26 siècles, c’est l’effet burlesque.  
La rencontre entre deux mondes diamétralement opposés, c’est le ressort comique le plus utilisé dans la sitcom. Les situations comiques venant justement de cette altérité, des incompréhensions qui émanent des différences entre les deux personnages. L’un ne comprend pas l’autre, l’autre plaint l’un. « Ha ha ha tu croyais que Gucci était un parfum de glace/oh oh oh tes Louboutins doivent te faire drôlement mal aux pieds pour servir des cheeseburgers toute la journée. »

"This cup of tea is lengen-wait for it-dary"
(quoi vous trouvez pas que c'est le sosie de Barney?)

Leçon #2 La cohabitation
Dû au nombre très réduit de décors utilisés dans une sitcom, les scénaristes ont presque tout le temps recours à la colocation entre les personnages. En plus d’une économie de décors, ce principe permet surtout une confrontation quotidienne et inévitable des protagonistes.
Dans 2 Broke Girls, la colocation se fait presque instantanément. Déshéritée, jetée à la rue, Caroline doit demander asile à Max qui l’accueille avec un sourire plus ou moins jaune. Il s’agit en plus d’une cohabitation très poussée puisque les deux filles partagent le même lit (je vous avais un peu perdu, je viens de vous retrouver pas vrai ?!)
Dans le pilote d’How to be a Gentleman il n’est pas encore question de colocation, mais je pense que ça ne devrait tarder.
C’est en vivant sous le même toit que les conflits sont les plus forts mais c’est aussi là qu’ils se résolvent le plus rapidement. Si elles ne vivaient pas ensemble les broke girls n’auraient même pas à s’adresser la parole et alors cimer l’intrigue pas intéressante ! C’est aussi dans l’intimité du home sweet home que les personnages peuvent se laisser aller à se et à nous faire découvrir leurs petits travers honteux et hilarants. L’amitié entre les personnages se crée, les confidences sur l’oreiller fusent et au petit matin les liens sont noués pour la vie.


"Cool un plan à trois!"


Leçon # 3 L’humour
Le secret des sitcoms c’est un humour bien gras, bien lourd, des blagues potaches à la chaîne. Le but est d’attaquer le spectateur en le bombardant de répliques à caractère humoristique, le mitrailler au point qu’il reste coi devant son écran. Puis, au moment où il commence à perdre pied, ne sachant plus où donner de la tête, il suffit de l’assommer avec des rires tonitruants enregistrés en studio. Là, le spectateur est totalement abasourdi, il n’a rien compris à ce qui venait de lui arriver, alors il reste benoîtement sur son canapé et enchaîne avec l’épisode suivant.
Grand public, les sitcoms doivent faire rire tout le monde et comme tout le monde n’a pas le même humour il faut tous les essayer. Ainsi, une réplique est sarcastique, une autre style humour noir, la troisième de l’humour bête, les cinq autre  sont à caractère sexuel et ainsi de suite, jusqu’à ce que chacun y ait trouvé son compte. Alors en 20 minutes, doutez-vous bien que ça en fait des blagues à caser.

Leçon # 4 L’acceptation
Au bout du compte, les personnages finissent par s’apprécier et même à être reconnaissants l’un envers l’autre. Car de la rencontre entre deux mondes, on ressort grandit. « L’habit ne fait pas le moine » disait Michel Polnareff,  « et dans le cochon tout est bon » rajouta plus tard Justin Bridou. Le gentleman a appris à être moins coincé et à ne plus avoir peur de transpirer dans ses chemises Blanc du Nil, l’héritière a compris que c’était bon de se salir les mains et qu’à Brooklyn il n’y a pas que des pickpockets.
Les clichés se transforment en leur cliché opposé et tout est beau dans le meilleur des mondes.

Si vous êtes dans une période de désert sexuel, vous pouvez regarder ces deux séries, bien sympatoches. Si vous avez mieux à faire, passer votre chemin, ça ne vaut pas spécialement le détour.

PS: Apparemment trop déjà vu ou peut être un peu trop fin pour les spectateurs de CBS* How to be a Gentleman a été arrêté après la diffusion du troisième épisode.


*CBS est la chaîne mère de entre autres Two and a Half Men (Mon oncle Charlie en français), How I met Your Mother, The Big Bang Theory et de tous les NCIS. 


mercredi 12 octobre 2011

THE BIG Coup de coeur



-Saison 2-


NOMBRE DE SAISON : 2
NOMBRE D’EPISODES : 26
CREATRICE : Darlene Hunt
ANNEE DE PREMIERE DIFFUSION : 2010
FORMAT : 26mn
CHAINE DE DIFFUSION US : Showtime
CHAINE DE DIFFUSION FR : -
CASTING : Laura Linney, Olivier Platt, Gabriel Basso, Cynthia Nixon
ETAT : En production

L’HISTOIRE : Une mère de famille apprend qu’elle est atteinte du cancer …

L’AVIS DE SEBASTIEN : Magistralement interprétée, The Big C est une excellente comédie. Oui, une comédie. Car bien que le sujet ne prête pas forcement à rire, la série est d’une légèreté incroyable, apportant un vent frais dans le pays des séries où règnent les drames bien lourds et les comédies bien grasses. Traitant le cancer et le deuil avec un humour décalé, The Big C n’en oublie pas pour autant la gravité de son sujet : ne passant sous silence aucun aspect de la maladie, la série n’hésite pas à mettre les deux pieds dans le plat pour montrer le combat de Cathy et de sa famille contre la terrible maladie. Leurs doutes, joies ou peines nous sont montrés sans jamais tomber dans un pathos gratuit et sirupeux.
Si la série doit beaucoup à son interprète principale Laura Linney qui est absolument parfaite dans son rôle, elle doit aussi une fière chandelle aux personnages secondaires hauts en couleur qui contribuent à rendre la série encore plus attachante, plus humaine. Bien que le personnage de Cathy soit au centre de l’histoire, les autres personnages ne sont pas seulement des figurants, ils vivent chacun avec leurs propres démons intérieurs qu’ils tentent de combattre.
Toujours en équilibre entre joie et tristesse, The Big C est une série toute en nuance où rien est jamais blanc ou noir, bon ou mauvais. Nous passons tout au long de la saison du rire aux larmes jusqu’à une fin magnifique illustrant à merveille le terme « dramédie » et qui démontre qu’une année peut être courte pour celui qui se sait condamné mais qu’elle peut être aussi longue pour celui qui attend la suite de la série.

NOTE : 17/20

mercredi 5 octobre 2011

Damages (mais sans intérêts ?)



-Saison 4-

NOMBRE DE SAISON : 4
NOMBRE D’EPISODES : 49
CREATEURS : Todd A. Kessler, Glenn Kessler, Daniel Zelman
ANNEE DE PREMIERE DIFFUSION : 2007
FORMAT : 42mn
CHAINE DE DIFFUSION US : FX, Direct Tv
CHAINE DE DIFFUSION FR : M6, Canal+, Paris Première
CASTING : Glenn Close, Rose Byrne, Tate Donovan, Ted Danson
ETAT : En production

L’HISTOIRE : Ellen Parsons, une brillantissime jeune avocate fraichement diplômée se voit offrir une place dans l’un des cabinets les plus réputés de New-York. La chance de sa vie ? Pas vraiment puisque sa patronne sera désormais Patty Hewes une avocate tyrannique et sans scrupules. Désormais la jeune avocate devra apprendre a vivre dans un monde où tous les coups sont permis et dans lequel on ne sait jamais qui manipule qui.

L’AVIS DE SEBASTIEN : « VOIR CRITIQUES SAISONS PRECEDENTES » : ce sont les quatre seuls mots que vous auriez pu lire à propos de la saison 4 de Damages si notre blog avait été assez ancien pour publier la critique des trois premières saisons de la série. Car si l’on peut faire un reproche a ce drama c’est bien celui de ne pas se renouveler. L’intrigue principale reste sensiblement la même : un grand patron sans scrupules à faire tomber, comment atteindre ce but sans trop de dommages ?
Même si quelques louables efforts sont faits afin de faire évoluer les personnages (Patty qui s’humanise, Ellen qui se s’endurcie et prend de plus en plus exemple sur son model) ce qui faisait l’originalité de la série tombe dans une certaine désuétudes : les flashforward trompeurs, les manipulations de Patty, Ellen qui essaie de faire de même mais qui manque de couilles pour assumer ses coups de Trafalgar et qui semble toujours tomber de haut lorsqu’elle découvre que Miss Hewes l’a encore bernée (au bout de 4 saisons t’es toujours pas habituée ?).
En dehors de cela, la série est toujours agréable à regarder : une intrigue principale prenante et pleine de suspens, un très très bon casting, des intrigues secondaires qui se suivent avec intérêt, ceux qui ont aimé les précédentes saisons de Damages aimeront celle-ci a coup sûr.
En conclusion, si Damages est toujours une bonne série, elle manque désormais d’originalité et d’ambition ce qui est fâcheux lorsque les deux personnages principaux ont les dents qui rayent le plancher. Ne restent plus alors que les magnifiques interprétations de Glenn Close et de Rose Byrne qui nous offrent un duel qui bien qu'attendu se révèle toujours aussi savoureux.

Note : 13/20

dimanche 2 octobre 2011

Heureux, les simples d'esprit

La comédie Italienne avait son Arlequin, les comédies Américaines ont leur abruti.  
Véritable ressort de la sitcom, l’idiot est un personnage indispensable et récurrent. Catalyseur de blagues et de situations embarrassantes, nos écrans de télévision ne tourneraient pas sans eux… 
Mais bien que simple, le bêta peut prendre plusieurs facettes.

Le beau cerveau
Si les beaux boulets avaient un dieu, ce serait Joseph Tribbiani. Ils se confesseraient sur l’autel de la pizza pepperoni et leur Hallelujah serait un « how you doin' ».
Beau gosse et dragueur invétéré, c’est plus grâce à sa fossette au menton qu'à ses capacités intellectuelles que Joey se démarque auprès des meufs. N'en manquant pas une pour sortir une belle bourde, sa beauté fait pourtant qu'on lui pardonne ses bévues.
Mais c’est aussi elle qui l’accuse. Car sorti de l’imaginaire de nerds bousculés au lycée par les beaux gosses de l’équipe de foot, le personnage du beau pas très intello ressemble à une petite revanche de la part des scénaristes : musclés, oui, mais stupides.  
Dieu les préserve, l’absence de neurones se voit souvent compensée par l’abondance hallucinante de conquêtes féminines (une relation stable impliquerait qu'un jour où l'autre ils se reproduisent et on veut bien être tolérants, mais faut pas pousser non plus!). 
Les autres BGSC (beaux gosses sans cerveau) : Jason Stackhouse (True Blood), Burt Chance (Raising Hope), Bobby Cobb (Cougar Town)



L’imbécile heureux
A l’inverse du beau cerveau, l’imbécile heureux est repoussant. Inconscient, et non content, de sa bêtise sans fin, il est en plus chauve et bedonnant. L’exemple parfait est bien sûr Homer Simpson. Crétin par-dessus les crétins, Homer ne connait rien et se rebelle contre ceux qui essayeraient de lui inculquer quelque chose. Il représente l’archétype de l’américain moyen. Fan de télévision, de bière, de télévision et de canapé. Sa bêtise est sans pareille, à la hauteur de ses gags.



Le lapin crétin
N’ayant pas conscience des risques (ne sachant d’ailleurs pas épeler le mot « risques »), le crétin peut se fourrer dans des situations aussi comiques que dangereuses. On pense bien sûr à Reese, le grand frère ahuri de Malcolm.

Dans cette éloge à la stupidité, les filles ne sont pas non plus épargnées. Et oui, même à l’ère où les femmes sont presque présidentes, le cliché de la bimbo écervelée a encore la peau dure. La taille des extensions capillaires semblant être inversement proportionnelle à celle du cerveau.
Penny (The Big Bang Theory) : entourée de geeks pas très attirants, Penny est l’atout blondeur de TBBT. Bon en même temps, on lui concède, pas facile de rivaliser face à des physiciens surdoués.  
Hailey Dunphy (Modern Family) : Jolie plante, l’ainée Dunphy est la prom queen de Modern Family, malheureusement c’est plus sa bêtise que ses grands yeux qui nous laissent coi.
Laurie (Cougar Town) : bimbo excentrique, Laurie n’hésite pas à clamer « I’m so dumm ! », pas de fausse modestie, elle l’est.
Nous pourrons également citer Rachel Green (Friends), Brittany S. Spears (Glee),... 

L'idiot est un prétexte à la douce satire des auteurs des citoyens américains. Souvent taxés d'incultes, les scénaristes tendent un miroir aux téléspectateurs mettant en scène des caricatures d'eux-même. Il s'agit aussi là très certainement d'auto-dérision. Héros cathartiques, ils nous décomplexent de notre propre ignorance.

Toutefois, l'imbécile n'est pas un personnage vraiment réaliste.Totalement contre-productif, il ne fait rien. Joey et Penny sont des acteurs ratés, la plupart du temps au chômage, Homer fait un travail de machine dans une centrale nucléaire qu'il n'hésite pas à déserter quand bon lui semble, Laurie est "agent immobilier", mais en deux saisons nous ne l'avons pas vu une seule fois à l'oeuvre. Bref sorte de spectre, il n'est pas une représentation exacte de la middle class laborieuse qu'il est censé caricaturer. Chevalier du gag, outil des auteurs, il se doit d'être disponible et déplaçable au gré des besoins de l'histoire. 

Le benêt est surtout un joli personnage de conte de fée. Pour compenser son absence de bon sens, il est doté d’un grand cœur. Toujours serviable et présent pour ses amis, il est le personnage le plus attachant des séries télévisées, celui qui reste culte et qu'on aimerait avoir comme buddy. 

Quizz: combien de synonymes de "bête" sont utilisés dans ce texte? 


L.

jeudi 29 septembre 2011

PAN AM _ Le pilote ne vole pas très haut

Décollage immédiat pour la nouvelle venue Pan Am qui se paie le luxe de battre les Desperate Housewives ce dimanche soir sur leur propre terrain, ABC.
Engouement certainement dû à ce trailer tapageur.



 La botte secrète de Pan Am est d'être un produit 100% calibré ABC.

Le féminisme, oui mais pas trop
Pan Am c’est l’histoire de femmes  jeunes, belles et sexys qui décident de prendre un aller simple pour la liberté. Voyager de ville en ville, fuir le jour de son mariage pour embarquer à bord de l’aventure, voilà le crédo des hôtesses. Je vis ma vie, j’emmerde mon mari. Oui, oui on y croirait presque si ces belles plantes n’étaient pas engoncées dans des gaines ultra rigides et coincées sous un casque Elnett à faire pâlir d'envie un Playmobil. Certes les femmes ne sont plus derrière les fourneaux, mais elles servent des martinis à des businessmen pressés et peu polis qui aiment parfois les prendre en club sandwich entre deux portes de chambre d’hôtel. L’esclavagisme à 10 000 mètres d’altitude, c’est ça la modernité.

Les années 60 à la sauce loi Evin
Série qui se veut historique, Pan Am a tout de même pris soin de gommer un gros détail. On est dans les années soixante et pas une seule cigarette ne vient piquer le nez des hôtesses de l’air ! Mad Men puait la Lucky Strike sans filtre, Pan Am fleure bon le Freedent white. ABC fait fi de la vraisemblance et de l’atmosphère, il ne se fera certainement pas le promoteur de cet affreux monstre qu’est le tabac. « Ladies and Gentlemen la compagnie Pan Am vous souhaite un agréable voyage. Nous vous informons qu’il s’agit d’un vol non-fumeur et que nous naviguerons en plein anachronisme. »

Faire bander papa et tenir en haleine maman
Si la cigarette est bannie de l'image ABC, c'est avant tout parce qu'il s'agit d'une chaîne familiale, devant laquelle papa/maman/mamie prennent plaisir à se retrouver après le gigopetipois du dimanche soir.
Moulées à la perfection dans leur ensemble bleu, les hôtesses ont les arguments pour faire rester le patriarche sur le canapé et ne pas créer de dispute familiale quant au partage de l’écran de télévision. Et pour maman ? Une bonne louche d’intrigue politico-dramatique un  peu obscure et neuneu pour lui donner l’impression qu’elle ne regarde pas qu’une série sur les avions. On saupoudre ça d’amourettes aromatisées à base de «méfiez-vous des hommes ce sont des salauds qui trompent leur femme entre deux business trip ».

Papier glacé et carton-pâte
Ce qui est sympa dans Pan Am c’est que l’on voyage. De Rome à Londres en passant par New York, c’est agréable d’apercevoir Big Ben ou le Colisée, bien que les rues fassent plus fake qu’un pavillon de Wisteria Lane. L'image est parfaite, pas un faux pli ni un cheveu qui dépasse, le protagoniste de ce premier épisode est d'ailleurs la couverture du magazine Life. 

En fait Pan Am, c’est rien d’autre que Desperate Housewives dans un avion. La seule chose qui manque pour parfaire le tableau est une voix-off, apanage ultime de la série ABC. Tant mieux, c’est beaucoup trop 2003.

Sinon comme toute série proposée par la chaîne, Pan Am est très agréable à regarder, l’intrigue est prémâchée, l’image lissée, les personnages gentillets. Tout ce qu’il nous reste à faire est de boucler notre ceinture et de se laisser transporter gentiment au gré de cette histoire proprette qui nous promet un voyage sans turbulence.

Note : 14/20
Viabilité : 65% 

L.

mardi 27 septembre 2011

DEXTER : THOSE KINDS OF THINGS



Après une saison 5 en demi-teinte, Dexter notre tueur en série préféré revient pour une 6ème saison et le moins que l’on puisse dire est que sa vie est toujours aussi mouvementée. Père, frère, expert médico-légal, tueur : autant de facette d’une même personnalité que notre héros tente d’apprivoiser.
Pour ce premier épisode de la nouvelle saison, les auteurs ont décidé d’appliquer les vieilles recettes : la traque de nouvelles victimes, un (des ?) nouveau(x) serial-killers qui nous tiendrons sans doute en haleine toute la saison et les difficultés de la vie privée de chacun des protagonistes. Comme on dit, c’est dans les vieux sacs poubelles qu’on met les meilleurs cadavres ! 
Si la recette a un arrière goût de déjà vu, elle n’est pas pour autant mauvaise : depuis sa scène d’ouverture étonnante jusqu’à sa fin donnant envie de voir la suite de la saison, l’épisode captive de bout en bout. 
Peu à peu, la carapace que s’était forgé Dexter se fendille et laisse passer de plus en plus de lumière, le tueur froid et distant qu’il était se laisse prendre au jeu de la popularité (magnifique scène du retour au lycée où notre héros se vante d’être en somme rien de moins qu’un cow-boy moderne) jusqu’à se faire tailler une pipe par la « reine du bal ». Lui qui il y a peu ne supportait que la solitude et souhaitait plus que tout passer inaperçu prend goût à être le centre d’attention.
De plus, cette saison semble vouloir aller sur un terrain encore inexploré : celui de la spiritualité. Non seulement à cause du « tueur de la saison » qui semble se servir de textes sacrés pour perpétrer ses crimes mais également grâce à Dexter lui-même ne voulant fermer aucune voie pour son fils.
Bien sûr cet épisode n’est  pas parfait : en premier lieu l’énième retour du père fantôme qu’on verrait bien attaché par du cellophane à une table et recevant de la main de son fils le coup de poignard qui mettrait fin à ses sermons que l’on à déjà été bien gentils d’écouter durant 5 saisons mais le problème majeur de cette utopie est qu’il est déjà mort et qu’il nous hantera encore et encore …
Ensuite, les personnages secondaires sont quelque peu insipides : LaGuerta obtenant une promotion grâce à du chantage, Masuka est un porc, Quinn n’arrive pas à dévoiler ses sentiments à Debra, Debra s’inquiétant pour son neveu … Ouais, sinon, quoi de neuf sous le soleil de Miami ?
En résumé, cet épisode est une preuve de plus que Dexter n’est pas une série du renouveau mais une série qui s’inscrit dans la continuité, dévoilant toute la cohérence de l’histoire mise en place dès la première saison : la série, tout comme son héros évolue peu à peu, dévoilant doucement et avec habileté de nouveaux fragments de sa personnalité sans pour autant renier les autres.
Sébastien

dimanche 25 septembre 2011

The Sheldon Cooper Paradigm



Le season premiere de cette nouvelle saison de The Big Bang Theory est une belle réussite. 
La saison 4 avait déjà été très bonne, dû principalement au fait qu’elle ait enfin offert une place aux personnages de Raj et Howard, ce qui permettait de mettre les quatre amis sur un pied d’égalité.

La meilleure surprise de l’épisode est Sheldon (récompensé d'ailleurs la semaine dernière au Emmy awards). Le robot maniaco-narcissique, évolue de saison en saison, se rapprochant petit à petit de la race humaine. S’il avait déjà fait un grand pas grâce à sa rencontre avec Amy Farah Fowler, il est ici métamorphosé. Semblant savoir ce qu’est le sexe, des organes génitaux, se montrant compréhensif envers ses amis, on s’attendrait presque à ce qu’il cède sa place sur le canapé sans broncher. C’est pour notre plus grand plaisir qu’il s’éloigne de plus en plus de son personnage rigide et outrageusement caricatural qui avait le don de pousser les plus zen d'entre nous à bout de nerfs. 

Toutefois, deux ions négatifs dans le potage. En prenant le pari osé et original de ne pas faire parler un de leur personnage en présence de membre de la gente féminine, les scénaristes se sont restreint et se voient obligés de s’en sortir par une pirouette, devenue presque un gimmick : placer un verre ou une bouteille d’alcool dans le cadre chaque fois que l’on le voit Raj parler à une fille. Le problème c’est que dans un épisode comme celui-ci, où Rajesh est le personnage central, ce dernier passe pour alcoolique (trinquant à la bière contre des verres remplis de Jamba juice).
Un rebondissement prévisible et très grossier lorsque Penny annonce qu’elle veut retourner au Nebraska.

La fin de l’épisode est elle aussi étonnante. Celui-ci se termine sur une touche très drôle mais d’un humour inhabituel à celui de TBBT (se rapprochant clairement de celui d’HIMYM).  

Chuck Lorre et Bill Prady ont su se réinventer, ce qui n’est pas toujours facile dans le milieu de la sitcom.


La réplique culte : « geology is not a real science »

L.

EPISODES


-Saison 1-

NOMBRE DE SAISONS : 1
NOMBRE D’EPISODES : 7
CREATEURS : David Crane, Jeffrey Klarik
ANNEE DE PREMIERE DIFFUSION : 2011
FORMAT : 26mn
CHAINE DE DIFFUSION US : Showtime
CHAINE DE DIFFUSION FR : Orange Cinéma Séries
CASTING : Matt Le Blanc, Stephen Mangan, Tamsin Greig, Kathleen Rose Perkins
ETAT :  En production

L’HISTOIRE : Deux scénaristes britanniques à succès sont contactés par une chaîne de télévision américaine afin d’adapter leur série phare au format américain …

L’AVIS DE SEBASTIEN
Ok, Episodes n’est pas la première série ayant pour sujet les coulisses d'Hollywood, Entourage qui vient de s’achever après 8 saisons en est le meilleur exemple. Ok, nous avons droit à des personnages bien caricaturaux : du mari neuneu ébloui par les paillettes de Hollywood en passant par sa grognasse de femme n’étant jamais contente de rien et surtout le gros méchant patron de chaîne, cyclothymique, changeant d’avis à tout bout de champ, trompant sa femme aveugle avec la poufiasse du bureau et mangeant comme un gros porc.
Mais fort heureusement, Episodes se révèle être une série beaucoup plus subtile qu’elle n’y paraît.
D’épisode d’Episodes en épisode d’Episodes nous découvrons l’envers du décors des séries que nous aimons tant. Débutant par un accident de voiture, c‘est réellement un accident mais celui d‘une bonne idée de série finissant dans le mur que chronique Episodes. Révélant un univers impitoyable fait de faux semblants, de coups tordus et de désillusions, la critique sur le monde de la télévision américaine est parfois acerbe mais jamais aigrie. Et puis, n’oublions pas qu’au-delà de l’aspect critique, la série est avant tout une comédie très drôle mettant en scène des personnages et des situations hauts en couleur.
Le point fort de cette série se révèle être Matt Leblanc. Matt Leblanc l’acteur mais aussi Matt Leblanc le personnage, le comédien jouant ce qui semble être son propre rôle. Tout d’abord, le personnage : véritable boulet pour le couple de scénaristes qui pensaient confier le rôle phare de leur série à un comédien pointu et qui se retrouvent avec un has-been dénaturant leur « bébé », nous voyons comment un acteur peut être envahi par son personnage, ici bien évidemment Joey Tribbiani, ne pas pouvoir s’en défaire au point que même les touristes ne reconnaissent pas Matt mais Joey. Le jeu tout en finesse de Leblanc rend le personnage attachant et bien plus malin qu’on ne pourrait le penser. Plein de second degré et de recul sur lui-même, il joue avec son image, sur ce qu’on pense savoir de lui pour mieux se jouer des autres personnages et des spectateurs.
En résumé, si Episodes passe après d’autres séries traitant du même sujet et qu’elle manque parfois de finesse, elle reste une série drôle et intelligente jouant parfaitement sur les deux tableaux de la comédie et de l’observation d’un Hollywood bien loin des paillettes et des strasses que l’on peut parfois imaginer.

LA réplique : « How you doin ? » (un car de touristes asiatiques passant devant Matt Leblanc)

NOTE : 14/20

L'AVIS DE LUCIE
Une série sur une série, quelle belle mise en abyme! 
Episodes nous dévoile les coulisses et met à nu les rouages de la production d'une série télévisée. 
Déjà, ce qu'il faut savoir, c'est que tout est piqué aux anglais. Bah oui, c'est bien connu, les frileux américains aiment bien reprendre les séries couillues et subversives de leurs cousins britanniques et les lisser, les lisser jusqu'à en faire un truc bien  poli et bien digeste (Skins, Life on Mars, The Office, et même bientôt Misfits!). Episodes nous montre ça. 
Ensuite, il faut étirer les intrigues au maaaaaaxxxxiiiimuuuum pour faire rester les gens devant leur écran plus longtemps. Matt Leblanc nous explique ça. Les scénaristes s'insurgent de voir leur personnage de bibliothécaire lesbienne transformée en hétéro sexy. Ce à quoi leur rétorque Matt : "chez vous une saison ne dure que 7 épisodes, 4 saisons équivalent à une seule chez nous. Vous serez bien contents d'avoir la relation bibliothécaire/prof de sport à vous mettre sous la dent pour faire durer l'intrigue!" (bon c'est pas tout à fait tout à fait les termes exacts, vous m'excuserez de ne pas avoir appris la réplique par coeur). En deux mots il a résumé toute la problématique du symptôme Ross et Rachel qui nous agace depuis des années.

C'est cette transparence, cette chute du quatrième mur qui rend la série vraiment intéressante bien qu'en elle-même elle ne soit pas folichonne. Les personnages, caricaturaux certes, sont attachants (standing ovation pour Matt Leblanc), la série est très courte (seulement 7 épisode, english style!), voir trop, car on en redemande. 
Les sériephiles avertis seront heureux d'avoir l'impression de pénétrer dans ce monde fantasmé qu'est le plateau d'une sitcom, les autres apprécieront franchement le divertissement. 
J'ai hâte de voir la suite. 

Note: 14/20 

jeudi 22 septembre 2011

Bad Men

Euh, quoi d'neuf docteur?

Comme le prêt à porter, la série télé n’échappe pas à la dictature du retour à l’ancien. Cette rentrée, la mode est aux sixties ! Face au succès fracassant du renommé Mad Men et profitant de son absence temporaire de nos écrans (la saison 5 ne reviendra qu'en Mars 2012), les séries du cru 2011 se jettent à corps perdu dans les années yéyé.
3 séries tentent de nous faire oublier l'agence Sterling-Cooper-Draper- Price: Pan Am, gloire au glamour des hôtesses de l'air de la Pan American World Airways. The Hour, drama d'espionnage en mode guerre froide. Et enfin, sujet de cette rubrique, The Playboy Club clapier taille humaine d'Hugh Hefner sur fond de Tina Turner et gomina.

Si la série mère avait été troublante et de nombreuses fois récompensée pour le réalisme de ses décors, costumes, us et faciès, The Playboy Club a plus de mal à convaincre. Intrigue miteuse en filigrane (on a tué le big boss de la mafia avec un coup de talon aiguille dans la carotide, oups), analyses freudiennes en crépon (« je pense que vous voulez garder vos ennemies proches »), incohérences capillaires… le pilote de cette nouvelle série ne nous fait pas bondir de joie. Pourtant ce n’est pas faute d’avoir essayé de coller à l’original :

Le  biDon Draper :
Cheveux gominés, sourire enjôleur, costard sympa… Imitation de Jon Hamm (notre adoré/détesté directeur artistique de MM), Eddie Cibrian a un physique beaucoup trop Roch Voisine pour être crédible.

Le fantôme de Betty: 
Brushing parfait (quoique plus ou moins défait selon les prises de vue), boucles blondes, visage d’ange, l’actrice principale est une beauté parfaite. Malheureusement, à l'inverse de Betty Draper aucun charme ne se dégage de ce joli minois, aucune dimension ne ressort de ses traits. 

Les cigarettes : Epoque de débauche, les années soixante sont celle des cigarettes et de l’alcool à gogo (nous avions un cancer des poumons rien qu’à regarder un épisode de Mad Men). Pour essayer de coller à cette image on allume une ou deux clopes en tout et pour tout et on sirote un whisky ultra dilué par des glaçons fondus. Pour la virilité - et la cirrhose - on repassera.

Résultat un petit foirage concernant le flashback opéré, car plus que dans les sixties, c’est dans les 90’s qu’on se croirait. Les couilles ne sont pas encore posées sur la table (y’en a-t-il une paire sous ce slip mou et sans âme ?) et l’on tâtonne entre plusieurs intriguettes pas bien bandantes.

Mais comme on a appris à ne jamais s’arrêter à un pilote, on attend de voir.

Quotient de viabilité : 25% 

L.